Axe de recherche n°5

7 mai 2019 Aucun commentaire »
Axe de recherche n°5

Responsables : Wolf FEUERHAHN (CNRS/CAK) & Antonella ROMANO (EHESS/CAK)

Descriptif de l’Axe 5 / «Mondes sociaux, espaces et productions de savoirs »

(en français/anglais)


Le programme collaboratif « mondes sociaux, espaces et productions de savoirs » s’inscrit dans l’approche très vaste promue depuis une vingtaine d’années par l’histoire des savoirs. Celle-ci permet d’élargir considérablement le spectre des objets considérés (savoirs faire autant que sciences expérimentales, productions technologiques ou expertises), des espaces sociaux et géographiques étudiés, bref de reconsidérer les frontières usuelles entre types de productions savantes. Surtout, l’articulation entre « savoirs », « techniques » et « croyances » a rendu possible une approche complexifiée de l’opposition consacrée entre « science » et « religion ». L’objectif n’est pas de nier la diversité de ces pratiques, mais de les historiciser. En repartant du point de vue des acteurs, de la manière qu’ils ont de désigner leurs pratiques comme celle de leurs partenaires, concurrents (proches ou lointains), on rend possible une approche non axiologique des dynamiques relationnelles au sein et entre les mondes savants. La notion de « science » est devenue au cours des siècles une valeur au moins autant qu’une catégorie. L’historien comme l’anthropologue des sciences ne sauraient la reprendre sans distance.

L’objectif est ainsi de considérer les interactions complexes entre les individus, les groupes (institutionnalisés ou non) afin d’analyser les types de savoirs, les opérations de différenciations, de hiérarchisations, de canonisations, de rejets autant que les espaces de ces jeux de déqualification/requalification. En privilégiant les enquêtes originales sur des espaces sociaux et politiques différents autant que sur des pratiques à plusieurs échelles dans des temporalités variables, ce programme collaboratif a pour visée de saisir les dynamiques de circulation ou résistances, qui incluent les échecs, entre des acteurs très divers et dans la variété des espaces culturels et sociaux au sein desquels ils sont abordés. Les savoirs au sens large sont indissociables d’enjeux politiques, économiques et sociaux qu’il faudra ausculter dans chaque cas. Enfin, l’absence de limite temporelle aux enquêtes menées doit autant permettre d’interroger la variété des pratiques qui se disent savantes que d’analyser les phénomènes de réinvention de traditions.

De manière générale, ce programme collaboratif promeut des travaux qui interrogent autant des pratiques que les catégories développées pour les appréhender. Enquêtes historiques, anthropologiques, sociologiques, politiques… sont ainsi indissociables d’interrogations réflexives sur les choix de périodisations, d’approches, de corpus, d’espaces d’enquêtes…

A lire aussi